Tu es le monde s’ouvre sur une voix en crise, traversée par la douleur, la mémoire et une sensation d’effondrement. Depuis un lit devenu lieu de conscience et de renaissance, le narrateur entreprend de rassembler ce qui en lui menace de disparaître. La rencontre avec une femme effondrée dans la rue inaugure son geste fondamental : dériver vers les êtres brisés, les regarder, tenter de les relever par la parole.
Peu à peu, les figures dispersées convergent vers une scène de rassemblement où vivants, morts et disparus se retrouvent autour d’une longue table dressée dans la ville. Cette réunion agit comme une tentative de transfiguration, un geste d’hospitalité où l’écriture permet de sauver, ne serait-ce qu’un instant, les êtres voués à l’effacement.
